Appel : Les effets des changements climatiques sur la vie, la société et l’environnement au Sahel

Projet d’un ouvrage collectif coordonné provisoirement par Florence Piron et Alain Olivier, de l’Université Laval, avec un comité scientifique (ouvert) composé de Fatima Alher (OSM Niger),  Sophie Brière (Québec), Gustave Gaye (Université de Maroua), Moussa Mbaye (Enda Tiers-monde, Sénégal), Amadou Oumarou (Université Abdou Moumouni, Niger), André Tindano (Université de Ouagadougou, Burkina Faso).

Objectif

Dans une visée de justice cognitive, cet ouvrage collectif pluridisciplinaire, plurilingue, évolutif et en libre accès traitera des effets des changements climatiques sur la vie, la société et l’environnement au Sahel, tels que vus, vécus et analysés par des chercheurs et chercheuses, des étudiants et étudiantes et des associations et habitants de toutes les régions concernées, du Sénégal à l’Érythrée.

Argument

La circulation des résultats de la recherche scientifique d’une université à l’autre en Afrique francophone est encore très laborieuse, a fortiori avec l’Afrique anglophone. L’enquête menée par le projet de recherche-action SOHA sur les ressources scientifiques des étudiants et étudiantes d’Afrique francophone a montré que les mémoires de maîtrise et les thèses restent bien souvent sur les tablettes des départements et ne sont pas accessibles d’une université à l’autre, alors que leurs thèmes peuvent être très proches. Cette situation freine le développement des connaissances locales et diminue la qualité de la science produite dans ces universités : elle peut être répétitive et moins diversifiée ou innovante que si les résultats circulaient davantage.

C’est le cas des travaux de recherche sur les effets des changements climatiques au Sahel. Au fil de l’enquête SOHA, nous avons appris que les travaux de l’Institut supérieur du Sahel de l’Université de Maroua (nord-Cameroun), qui offre, entre autres, une filière en sciences environnementales avec l’option « désertification et ressources naturelles » (http://uni-maroua.com/fr/ecole/institut-superieur-du-sahel), sont peu ou pas connus au Département de géographie de l’UFR/SU de l’Université de Ouagadougou 1 au Burkina Faso et réciproquement. Pourtant, ces unités travaillent sur le même sujet qui est d’une importance cruciale pour ces deux pays. En effet, de nombreuses recherches montrent bien les effets réels des changements climatiques dans tout le Sahel, notamment une imprévisibilité accrue des précipitations qui perturbe le cycle agricole, ce qui entraîne des migrations plus soutenues vers les villes et bien d’autres conséquences environnementales, sociales et économiques.

Comment circulent les savoirs sur cet enjeu? Les articles scientifiques sont en grande majorité publiés dans des revues des pays du Nord qui sont rarement en libre accès et qui, pour des raisons structurelles, publient très peu les chercheurs et chercheuses œuvrant dans les universités sahéliennes et encore moins les étudiants qui y ont fait des mémoires ou des thèses. Quant aux livres sur le sujet, rares sont les maisons d’édition qui acceptent de les mettre en libre accès. Notre projet vise donc, en premier lieu, à offrir aux scientifiques et étudiant-e-s des régions sahéliennes, toutes disciplines confondues, qui travaillent sur les effets des changements climatiques dans leur pays un nouveau moyen de mise en valeur et de circulation des savoirs qu’ils produisent, à savoir un ouvrage collectif en libre accès, publié sous licence Creative Commons, imprimable à la demande, en tout ou par section.

Nous voulons aussi intégrer dans ce livre les savoirs produits dans les organisations paysannes ou locales, ainsi que dans les ONG : des savoirs empiriques importants, mais qui sont plutôt méprisés par la science qui n’y voit que de la « littérature grise » ou des savoirs de qualité inférieure. Il nous semble au contraire important de revaloriser ces savoirs dans une perspective de circulation des idées et des informations.

Notre conception des effets des changements climatiques est large, afin de ne laisser échapper aucune discipline ou thématique traitée dans les travaux de recherche produits par les universités ou les associations sahéliennes : effets sur l’agriculture, sur l’élevage, sur la biodiversité (plantes et espèces animales menacées), sur l’accès à l’eau, mais aussi sur les familles, sur les migrations, sur l’emploi, etc.

Originalité du projet

  • un ouvrage collectif en libre accès formé de nombreux chapitres pouvant être régulièrement mis à jour ou complétés par de nouveaux chapitres, ouverts aux commentaires sur le web et sous licence Creative Commons (ce qui en permet la réutilisation libre)
  • un ouvrage pouvant circuler sous la forme de PDF (volume complet ou en sections) imprimés à la demande dans différents pays
  • des auteurs et auteures diversifiés : des hommes et des femmes, des jeunes et des aînés, des étudiants et des étudiantes, des chercheurs et des chercheuses, des membres d’associations, de regroupements, de collectifs, des citoyens et citoyennes. La seule exigence : être du Sahel (ou collaborer de très près avec des personnes du Sahel) et être en lien étroit avec au moins une université sahélienne
  • un projet qui vise la contribution de tous les pays francophones ayant une composante sahélienne (Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Tchad) par le biais de leurs universités, centres de recherche et associations; les contributions anglophones du Sahel (Nigeria, Soudan du Sud, Erythrée) seront aussi les bienvenues
  • des chapitres en français, mais qui pourront aussi être traduits dans d’autres langues (africaines ou européennes), intégralement ou sous la forme d’un long résumé
  • un projet qui a une visée multidisciplinaire et encyclopédique
  • un comité scientifique diversifié et une révision par les pairs ouverte et collaborative, visant l’amélioration continue des chapitres.

Processus de création du livre

Ce projet de livre est ouvert à tous et toutes, dans un état d’esprit qui rejette toute perspective de compétition ou d’exclusion. Au contraire, la visée de justice cognitive de ce livre nous amène à vouloir l’ouvrir à tous les savoirs et à toutes les épistémologies, pour autant que cela nous aide à comprendre son objet. Nous travaillerons donc avec tous les auteurs et auteures qui veulent participer à cette aventure pour améliorer leur proposition ou leur texte afin que ce livre devienne une ressource précieuse.

Sur le plan des consignes d’écriture, il est tout à fait possible d’inclure des photos ou d’autres images. Il est également possible de proposer, en guise de chapitre, la transcription d’une entrevue ou d’un témoignage ou encore une vidéo pour la version en ligne, si cela permet à des savoirs d’entrer dans notre livre. Par contre, afin de maximiser l’accessibilité et l’utilisation du livre, nous demandons de restreindre l’usage de tout jargon spécialisé.

La circulation de cet appel dans toutes les universités sahéliennes est cruciale pour respecter la visée de justice cognitive et de circulation régionale de l’information. Pour cela, nous faisons appel à la bonne volonté des uns et des autres et nous mènerons un inventaire des unités de recherche sahéliennes traitant des changements climatiques et des associations qui s’y intéressent afin d’y recruter le maximum d’auteurs et d’auteures.

À noter que la rédaction de ces chapitres est bénévole et ne sera pas rémunérée. La gratification des auteurs et auteures sera de voir leur chapitre circuler et être utilisé au service du bien commun de l’Afrique sahélienne.

Les auteures et auteurs participant au livre seront invités à échanger tout au long du processus d’écriture et d’édition dans un groupe Facebook ou WhatsApp, afin de partager des idées, des références et des premières versions, dans l’esprit d’entraide et de collaboration qui est promu par la justice cognitive.

Calendrier

  • Avril-août 2017 : Inventaire des unités de recherche et des associations et circulation de l’appel
  • 31 août : Date limite pour envoyer une proposition (un résumé de quelques phrases)
  • Septembre 2017 – janvier 2018 : Réception des chapitres, travail d’édition et mise en ligne au fur et à mesure (dès qu’un chapitre est prêt, il est mis en ligne).
  • Avril 2018 : Publication d’une version complète et impression d’exemplaires sur demande.

Pour participer

Dès que possible, envoyez un message à l’adresse propositions@editionscienceetbiencommun.org avec votre biographie (en quelques lignes), les coordonnées complètes de votre institution ou de votre association et un résumé du chapitre (ou des chapitres) que vous souhaitez proposer. Ce résumé consiste à présenter en quelques phrases le contenu du texte que vous souhaitez proposer, en l’associant, dans la mesure du possible, à un contexte sahélien précis (région, ville, village, projet de recherche, intervention, etc.).

Les valeurs et le projet éditorial des Éditions science et bien commun

Merci de les lire attentivement sur cette page.

Les consignes d’écriture sont sur cette page.

5 Commentaires

  1. Très content de savoir que les connaissances locales intéressent des universités non-africaines. Les crises écologiques sont réelles au Sahel et nous sommes contents de l’opportunité que vous nous donner pour partager notre expérience avec le reste du monde.

  2. Oumarou Aboubacar Abdoul aziz

    Une très belle initiative, je hâte de voir la concrétisation de ce document combien de fois important pour les étudiantes et étudiants du sahel. Courage à SOHA!

  3. Oumarou Aboubacar Abdoul aziz

    Courage à SOHA.

  4. Léger Félix Ntienjom Mbohou

    Une initiative très louable et à laquelle je m’associerais volontiers. Ressortissant du Cameroun, je mesure l’ampleur du défi climatique et environnemental pour les population de la région du Lac Tchad.

  5. Nana Hadiza Abdoulaye Djadah

    Diplômée en gestion et développement durable de HEC Montréal et originaire du sahel ( Niger),je ne saurai rester indifférente à cette problématique. Excellente initiative.Il me fera plaisir d’y participer et d’apporter ma contribution de façon significative.

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